Le Fribourgeois Nicolas Philipona allie à la perfection sa vie familiale, professionnelle et sportives. Champion du Monde de Vertical Race dans la catégorie M-40 et 2e du scratch à la Patrouille de la Maya, il revient sur cette fin de semaine exceptionnelle.
Désireux de défendre mon titre acquis il y a une année en France en Vertical Race, j’ai fait le long déplacement jusqu’à Piancavallo, région de Venise.
Même si je connais mes qualités sur ce format de course, le propre d’un sportif est de douter et de se poser une multitude e questions. Revenir avec une médaille, et si possible la plus belle, était mon objectif.
Retour sur la Vertical Race de vendredi
Contrairement à l’année dernière, où les départs étaient échelonnés, sur les pentes de Piancavallo, le départ s’est effectué en mass start. Les places sont séparées et attribuées en fonction de notre numéro de dossard, comme en coupe du monde élite. Je me retrouve en quatrième ligne. Mais 5 minutes avant le start, un membre de l’organisation me fait avancer tout devant.
A 11h30, le coup d’envoi de cette verticale de 577 mètre de D+ et 3,3 km est donné. D’emblée, je me retrouve devant avec Loïc Thevin, un français des Pyrénées, concurrent de la cat. M-35. Mais rapidement, l’autrichien Christian Hoffmann, grand favori pour la victoire au classement général revient sur nous avec un peu plus loin le Tricolore Yohann Caillot. Ces deux athlètes, qui ont couru toute la saison en coupe du monde élite, sont dans la catégorie M-45. Sachant que Christian était intouchable avec notamment comme référence, un titre de champion Olympique à Salt Lake City en 2002, j’ai décidé de faire ma course tout en observant Les concurrents de ma catégorie.
Après 5 minutes, alors que j’étais troisième scratch, j’ai compris que j’allais pouvoir défendre mon titre si je donnais tout. A ce moment-là, je me suis fixé deux objectifs : 1. conserver mon titre et 2. monter sur le podium scratch. Chose que j’ai réussi pour 7 secondes. J’avais dans le rétroviseur Loïc qui est même revenu sur mon porte bagage dans les derniers mètres de course. Néanmoins, en contrôlant et en m’arrachant sur la fin de la montée, j’ai réussi à conserver cette troisième place scratch.
Au final, je suis très heureux de conserver ce titre en Italie, pays de ski-alpinismes, où bon nombre de coureurs ne viennent pas sur une course pour faire de la figuration.
Patrouille de la Maya avec Cédric Rémy et Benoît Guex – Dernier test avant la PDG
Inscrit en 2020 pour également préparer la patrouille, on avait à cœur de revenir découvrir cette Maya. Avec le départ à la course à pied, nous décidons d’adapter notre stratégie en gérant cette partie sans perdre trop d’énergie. Nous partons donc prudemment et en laissant filer devant nous avec un regard admiratif, les trois grands champions, Pierre, Aurélien et Iwan. Ces trois membres du Swiss Team ont largement fait honneur à leur étiquette de favoris. Quant à mes coéquipier Cédric et Benoît, nous avions bien l’intention de viser la deuxième place.
Après environ 10 minutes à pied, nous partons sur les skis, Cédric, notre métronome, se met devant et imprime le rythme. Sans se parler, ce tempo convient aux trois. Nous montons au train et nous arrivons, sans creuser un monstre écart, à prendre un peu d’avance sur nos poursuivants. Cette première montée jusqu’au col de Becca de Lovégno se passe sans incident. Au moment de basculer de l’autre côté, je dois prendre quelques secondes pour remettre une peau. Ce petit contre temps a permis à nos poursuivants de se rapprocher. Ne voulant pas céder cette deuxième place, nous mettons un petit coup d’accélérateur qui s’avérera payant. Au passage à la cabane des Becs de Bosson, nous avions une bonne avance sur les troisièmes, nous permettant d’entrevoir la fin de course de manière sereine.
Après un magnifique portage pour revenir sur le col précédemment cité, nous entamons la longue descente sur l’arrivée. Le terrain et les conditions rendent celle-ci relativement facile. Nous faisons donc une descente solide, sans prendre de risque. Le final se fait également à la course. Même si on est jamais très fan de courir avec les godasses de skis, on peut savourer cette fin de course et cette magnifique deuxième place qui se profile devant nous.
Encore une journée magnifique en montagne avec une météo de rêve pour découvrir ce magnifique Vallon de Réchy. Avec Cédric et Benoit, notre entente a été au top et notre homogénéité laisse entrevoir de belles perspectives pour la PDG.
Préparation et organisation
J’ai une énorme admiration pour les copains qui courent au niveau mondial et qui font briller les couleurs de la Suisse sur les compétitions internationales. Ces athlètes jouent dans une, voire deux ligues en dessus de nous.
Néanmoins, pour obtenir les résultats cités plus haut, il faut une certaine organisation.
Ayant toujours travailler à 100% comme policier, métier qui me passionne tout autant que le ski-alpinisme, je fais preuve d’ingéniosité afin de concilier la vie de sportif amateur et la vie professionnelle. Avec la naissance de nos deux enfants, Jules en 2015 et Léane en 2019, le challenge a encore augmenté.
Même si la passion pour ce sport est toujours à son plus haut niveau, pour moi, la vie de famille est devenue la priorité numéro une. Depuis que je suis papa, j’ai quand même levé le pied au niveau du volume d’entrainement et du nombre de courses par saison. Mon but premier est de profiter à fond de ces moments en famille. Le bonheur de voir mes deux enfants adorer le ski et de pouvoir le week-end se retrouver sur les skis à quatre, avec ma femme Virginie, n’a pas de prix.
Néanmoins, j’ai toujours envie de performer. Il n’y a donc pas de secret, tu dois passer du temps à l’entrainement. Travaillant maintenant comme policier à la prévention routière, au sein de Police Riviera, j’ai la chance de bénéficier d’horaires réguliers.
Je profite de ces horaires, pour partir m’entrainer avant le début de mon activité professionnelle qui commence à 07h00. Au fil des années – ce qui pouvait s’apparenter à une contrainte – est devenu un équilibre. Me lever tôt pour partir m’entrainer à la frontale est devenu mon rythme de vie hivernal. C’est mon moment à moi avant de mettre mon tablier professionnel et ensuite celui de papa. Le focus des entrainements s’effectue essentiellement la semaine pour pouvoir profiter à fond de la famille le week-end. Cette façon de faire me comble et force de constater que celle-ci fonctionne.
Pour terminer, j’adresse un grand MERCI à ma famille pour le soutien. MERCI également à la direction et au commandement de Policer Riviera qui me soutient dans la réalisation de mes objectifs.
Récit de Nicolas Philipona, un athlète hors-norme, un homme généreux dans l’effort pour qui les mots passion et volonté n’ont aucun secret.
Photo, de gauche à droite, Benoît Guex, Cédric Rémy et Nicolas Philipona
08/03/2022

