COURSE DE MONTAGNE ET SKI-ALPINISME : vu par le Français Alain Gillet

Le Français Alain Gillet prend le départ de nombreuses épreuves de ski-alpinisme et de courses de montagne en Valais. Il porte un regard attentif sur ces deux disciplines. Le trail ne l’intéresse pas.

« Je porte un regard plus attentif sur le ski-alpinisme et sur la course de montagne », débute Alain Gillet. « Le trail, en France comme en Suisse, ne m’a jamais intéressé car je trouve qu’il y a un côté business qui prend le dessus par rapport au sport. On trouve en France des courses appelées trails, sur une distance de 11km où l’on demande la panoplie complète de survie du traileur. Je trouve cela dérisoire. »

Le coureur du team Evian Off Course poursuit : « Pour moi, frontalier et voisin, courir en Suisse, c’est un mélange de références, de popularité et de simplicité. En course de montagne, il n’y a pas si longtemps, on pouvait comparer nos performances à celles d’Alexis Gex-Fabry, de Tarcis Ançay ou de Sébastien Epiney. Aujourd’hui, on compare nos chronos à ceux de César Costa, devenu l’une des références mondiales de la course de montagne dans n’importe quelles courses valaisannes. » Il rajoute : « Sierre Zinal est à la course de montagne ce que Berlin est au marathon. Quel niveau et quels paysages ! »

« En ski-alpinisme, j’étais vraiment adepte des montées sèches », continue Alain Gillet. « Il ne m’en manque pas beaucoup dans le Valais. Je les ai pratiquement toutes faites. A la mythique Foilleuse à Morgins, on trouve souvent le gratin du Swiss Team et nos meilleurs français locaux alors que ce n’est qu’une simple course. Aujourd’hui, avec l’avènement des coupes du monde, ces nocturnes sont moins relevées qu’auparavant au niveau de la densité de l’élite. Le calendrier devient bien chargé. Mais c’est toujours un plaisir de poser ses lattes sur une petite montée nocturne et de boire un coup tranquille après au bar et redescendre à la frontale. C’est vraiment simple car on ne nous embête pas avec de la paperasse inutile pour les inscriptions. On s’inscrit sur place sans souci. On a aussi le sentiment que c’est le coureur qui s’engage et est responsable et non l’inverse. »

Le sportif Français conclut : « Je suis toujours surpris de voir l’engouement des Suisses dans leur manifestations sportives locales, que ce soit du sportif confirmé à l’occasionnel. J’ai vraiment le sentiment que les Suisses sont investis à ce qui se passe chez eux et ça fait plaisir à voir. Cet esprit manque un peu chez nous. Il n’y a pas grand-chose à changer chez vous. J’espère juste que vous ne prendrez pas trop le virage du trail comme la France l’a pris. Et que les organisateurs helvètes se tournent plus sur des courses type Skyrace comme la Dolomite Skyrace, avec des parcours techniques et montagnards. »

Propos recueillis par Bernard Mayencourt
Crédit photos: Gérard Berthoud
01/11/2017

Ses principaux résultats:
Courses de montagne
– 6e place au championnat Suisse de montagne 2014
– 2 top 10 au championnat de France de montagne (8e et 9e)
– 4e au championnat de France de trail court
– 13e au championnat d’Europe de Skyrace en 2013
– Sierre Zinal en 2h50’ en 2013

Sur plat :
– 31’09 sur 10km réalisé au 10km de Lausanne en 2015
– 1h09′ sur semi-marathon en 2010

Ski-alpinisme
– 3e place au championnat suisse de Vertical Race à Villars en 2008 (à 39sec d’Epiney)
– 6e place au championnat de France de Vertical Race en 2008.