Emmanuel Ançay, membre du club des Trotteurs de Fully et du team Pellissier Sport est un athlète tout terrain. Le site de Promosports l’a élu « Homme du mois de mai ».
Le 1er mai 2022, Emmanuel Ançay terminait la Patrouille des Glaciers avec ses potes Cédric Tissières et Stéphane Buthey en 10h11’26. Une semaine plus tard, Manu répondait à l’invitation d’Alexandre Hubert et participait à la première édition du « Dernier Survivant, la Valaisanne ». Il prenait une excellente 5e place après avoir réalisé 14 boucles soit au total 55km avec 4’400 mètres de dénivelé en 7 heures.
Le 21 mai, pour sa première année chez les vétérans 2 (il est né en 1972), Emmanuel Ançay franchissait la ligne d’arrivée du 30K du Torgon Trail en 2e position et premier V2. Il était ensuite classé 4e en raison d’une déduction de temps de 12 minutes accordée au 2e et au 3e suite à une erreur d’aiguillage sur le parcours.
Finalement, le samedi 28 mai, le résident du Guercet finissait 2e V2 et 3e du classement scratch sur le Droit du Catogne, la Boucle, sur les hauteurs de Sembrancher. Interview.
Manu, où trouves-tu l’énergie pour enchaîner les courses, week-end après week-end ?
Le sport est avant tout une passion et il fait partie de mon équilibre de vie. C’est vrai que j’ai de la chance d’avoir une bonne santé qui me permet d’en profiter. Merci la Vie. Depuis quelques années, il m’a fallut tout de même adapter mes entraînements (rire, on a plus 20 ans) et je me suis entouré d’un coach qui m’aide à m’entraîner mieux et à privilégier la qualité à la quantité.
Dans ces courses d’endurance, quelle discipline préfères-tu ?
Le trail me correspond vraiment le mieux. J’apprécie tellement cette sensation de légèreté, de parcourir ces beaux sentiers qui nous entourent. Et il y en a encore tant à découvrir. J’ai l’impression que le trail me donne bien plus d’énergie que ce qu’il m’en prend. Et c’est aussi un sport d’équipe et d’amitié. La plupart des sorties se font entre amis avec bien souvent des moments incroyables partagés. Les émotions générées par le sport quand il est partagé entre amis sont d’une intensité phénoménale et les liens en sont renforcés.
Depuis une dizaine d’années mes amis René, Steph et Cédric m’ont initié au ski-alpinisme et j’ai découvert un sport magnifique. Ce sport est avant tout un sport de partage et de solidarité, il se pratique dans nos si belles montagnes. J’y ai aussi découvert tout l’aspect technique qui n’existe pas en course à pied. J’ai encore bien des progrès à faire dans cette discipline, mais j’aime bien les challenge.
Durant ce mois de mai, quelle course a été la plus difficile à gérer ?
Sans aucun doute la première, la Patrouille Des Glaciers. J’ai vécu une course depuis Zermatt en deux phases. Une jusqu’au sommet du « mur » d’Arolla où globalement j’ai fait une belle course, presque sans soucis à part une main gelée à Tête Blanche…et d’un coup mes forces m’ont abandonné alors que j’avais pris soins de me ravitailler régulièrement. Les 3-4 dernières heures ont été très difficiles, mais j’ai pu compter sur mes deux coéquipiers en or pour m’encourager et me permettre de rallier Verbier.
Le petit « ruban jaune » que j’ai porté sur ma combinaison en soutien à toute les femmes courageuses qui souffrent d’endométriose, m’a aussi aidé à serrer les dents et avancer. Ma souffrance a été éphémère, la leur ne s’arrête pas.
Après la PDG, la récupération a été compliquée à gérer avec l’échéance du « Dernier Survivant » prévu seulement 6 jours après……et j’étais physiquement épuisé. J’ai pris soin de bien me reposer et j’ai juste fait deux footings légers le mercredi et jeudi pour vérifier s’il me restait de l’énergie !
J’ai ainsi abordé le « Dernier Survivant » en me promettant de m’amuser avant tout et de ne jamais forcer. Mon fils Rémi m’a d’ailleurs aidé à trouver un bon truc pour tenir cette promesse : En préparant mes gourdes de ravitaillement (j’en avais prévu 12 !), il a mis une « lampée de Génépi dans une au hasard…Sur une des 14 boucles réalisées j’allais forcément tomber sur celle-là (rire)…je l’ai bue au 8ème tour. Cela a été une grande surprise pour moi de tenir aussi longtemps (7h), et quand la fatigue est apparue, j’ai mis le clignotant et me suis arrêté sans me faire éliminer par le chrono, mais en tenant ma promesse. Il faut croire qu’on devient un peu plus sage à partir de 50ans (rire).
Le Torgon Trail n’était pas prévu. Je me suis inscris 2 jours avant. Je me sentais bien et je me suis dit qu’un trail de 30km dans des conditions de fortes chaleurs annoncées était le parfait entrainement en vue du Scénic trail prévu à Lugano, fin juin. J’ai vraiment apprécié ce format de trail très rythmé et technique.
La « boucle » du Droit du Catogne, c’était avant tout l’opportunité de courir sur des sentiers que j’apprécie beaucoup avec une grande descente bien technique, avec une organisation au top, et de partager aussi des moments sympas à « l’après course » avec mes amis et mon fils Gaëtan.
Comment se passe ta récupération ?
Avec l’enchaînement des courses les week-ends de mai, j’ai réduit les entraînements en semaine et privilégié le repos. Au niveau professionnel, j’aborde une formation en ce moment et cela a aussi joué un rôle.
Les prochaines semaines seront également allégées en entraînements. Je vais privilégier en priorité du repos, quelques entraînements courts et intenses et une longue sortie le week-end !
Quels sont tes objectifs pour le mois de juin ?
J’ai un seul grand objectif sportif en juin, c’est le Scénic Trail à Lugano le 25 juin (54km et +/- 3’650m) que je me réjouis de le vivre avec mon pote Nicolas Carron.
Je vais participer à quelques étapes du Grand Prix Pellissier ces prochains mercredis afin de remettre des entraînements courts et rythmés. Ce sera aussi l’occasion de courir pour la première fois cette année dans la catégorie V2 (50 à 59ans),
Propos recueillis par Bernard Mayencourt
29/05/2022
