Lettre ouverte aux organisateurs de manifestations sportives et culturelles. Maintenir sa manifestation: oui… mais à quel prix?

Maintenir sa manifestation : oui… mais à quel prix? Telle est la question posée par Christophe Nonorgue (photo), organisateur de la course, “Le dernier survivant” dans le canton de Neuchâtel.

En cette période triste où nos gouvernements ont pris la curieuse décision de refuser de vivre par peur de mourir, nous savons que nous avons le devoir de tout mettre en oeuvre pour que notre manifestation puisse voir le jour. La santé psychologique des sportifs, des festivaliers et de l’ensemble de la société est en jeu…

Alors quitte à faire un travail colossal qui peut être balayé en quelques minutes par une nouvelle décision gouvernementale, quitte à mettre en place des plans de protection, des aménagements et des adaptations considérables, nous continuons à avancer contre vents et marées, sans jamais baisser les bras…

Parce que la passivité, bien que mise actuellement sur un piédestal, n’a jamais rien résolu!

Mais cette envie de maintenir notre manifestation, qui devient viscérale, au vu du désert qui règne actuellement dans le monde de l’événementiel, peut aussi nous conduire à accepter l’inacceptable… et nous en arrivons donc à la raison pour laquelle nous publions ces quelques lignes.

Plusieurs organisateurs, dans un souci de bien faire, ont mis en place un plan de protection dans lequel ils demandent à chaque participant un test PCR datant de moins de 72 heures.

Un test PCR, c’est Fr. 168.- et selon la Confédération, elle ne prend pas en charge le coût dans le cas suivant: “Vous effectuez le test parce que prescrit dans le cadre d’un plan de protection d’un hôtel, d’une foire, d’un congrès international, d’un concert, d’une manifestation sportive ou des lieux de travail.”  https://www.bag.admin.ch/…/aktuel…/novel-cov/testen.html

Peut-on vraiment demander à chaque participant d’assumer ce surcoût pour chacun des concerts qu’il ira voir, pour chaque course à laquelle il voudra participer?
Si nous acceptons aujourd’hui, dans un souci de “réouverture”, d’exiger cela de nos participants pour que notre manifestation ait lieu coûte que coûte, cela deviendra très vite la nouvelle norme, et nous aurons été complice d’un système totalement inégalitaire entre ceux qui pourront assumer ce surcoût et les autres. De plus, nous connaissons déjà la prochaine étape après le test PCR: le passeport vaccinal. Mais finalement, tout cela protégera-t-il la santé de nos participants?

Lors du passage d’une frontière, une quarantaine ou la présentation d’un test PCR peuvent être exigés.
Cependant, et toujours selon le site de la Confédération:
– Une personne vaccinée ne peut pas être dispensée de la présentation d’un test PCR car “il n’est pas encore clair si et dans quelle mesure la vaccination protège également contre la transmission du coronavirus”
– “Un test PCR négatif ne dispense pas de l’obligation de la quarantaine” en raison du risque de faux-négatifs.

En bref, ces procédures coûteuses et éthiquement indéfendables sont davantage un protocole administratif qu’une mesure de protection de la santé.
Les compagnies aériennes et les gouvernements mettent en place ce genre de procédure. En revanche, les acteurs des milieux culturels et sportifs doivent absolument s’y opposer farouchement!

À ce titre, citons en exemple Festi’neuch – Neuchâtel openair festival qui a récemment annulé la mort dans l’âme l’édition 2021 en argumentant “Les solutions de test rapide ou de passeport vaccinal ne sont pas, à nos yeux et à ce jour, des options crédibles pour des raisons éthiques, logistiques et financières”

Puissent les autres organisateurs suivre cet exemple, même si nous voulons tous la même chose: que vivre ne signifie pas seulement survivre!

Ecrit par Christophe Nonorgue, le 18/02/2021
20/02/2021