Trail: Ryan Baumann à l’heure de l’interview

A l’aube d’une nouvelle saison de trails, Ryan Baumann, quintuple second et 3 fois troisième du Trail Verbier-St-Bernard, répond aux questions de Promosports. 

Ryan, après ton arrêt de la compétition en 2018 au trail Verbier-St-Bernard, tu t’es tourné vers le coaching d’athlètes. Comment se passe cette reconversion ?
Depuis 2018, j’ai continué à pratiquer le trail mais moins dans un esprit de compétition. J’ai davantage fait de longues randos en montagne comme la Via Alta Idra (la traversée des Alpes tessinoises, un parcours magnifique, alpin et très technique) et je me suis aussi fait plaisir sur des défis comme les 19 sommets de communes du haut-plateau. Je suis toujours autant passionné par le trail, comme coureur mais aussi en tant qu’organisateur du Trail des Châteaux. Au bénéfice d’une formation de Swiss Olympic en sport de performance et de 10 ans d’expérience comme entraîneur de ski alpin, je me suis toujours intéressé de très près aux facteurs de performance et aux méthodes d’entraînement du trail. C’est ainsi que depuis 3 ans je me suis un peu tourné vers le coaching de trailers. Je le fais à côté de ma fonction de responsable des sports à la Ville de Sierre. Le suivi et l’individualisation des séances d’entraînement prend beaucoup de temps, c’est pourquoi je me suis limité à 5 personnes maximum. Chaque athlète est différent et cette expérience de coaching est très enrichissante.

Comment un trailer doit se préparer pour cette année 2021 avec toutes les incertitudes liées autour du COVID sur la tenue des courses ?
Tout d’abord, l’important et la base c’est de prendre du plaisir à l’entraînement. Une période de préparation de base pour préparer un objectif doit se dérouler sur au moins 6 mois. Donc, étant donné les incertitudes sur les manifestations, il serait bien de profiter de cette longue période sans compétition pour travailler les bases de l’entraînement : la condition physique par du renforcement musculaire et du gainage pour prévenir les blessures et être plus performant en descente. De l’endurance à basse intensité, des séances d’intervalles courtes, au début de 20 secondes à 1 minute, puis petit à petit de 1 minute à 3 minutes, d’abord au plat et par la suite en côte. Dans tous les cas, l’important c’est trouver des activités de saison où l’on a du plaisir. En hiver, de la randonnée à peux de phoque, du ski de fond ou de la raquette, du hometrainer pour ceux qui n’aime pas le froid et la neige. Au printemps, on ressort le vélo et on recommence les séances spécifiques trail avec de plus en plus de dénivelé. Le but étant de cumuler les heures d’entraînement, surtout à basse intensité. Tout en respectant les principes de progressivité et de régularité.  Côté compétition, en cette période de crise sanitaire et vu les incertitudes, je miserais sur des trails locaux et régionaux de petite envergure. Car, il est probable que les autorisations pour les grandes manifestations ne soient pas encore accordées pour cette année.

Quel est ton meilleur souvenir de trailer ?
J’ai beaucoup de meilleurs souvenirs autant en compétition que sur des défis avec des amis. Mais côté compétition, sans aucun doute, une arrivée à la 15ème place sur l’UTMB 2009, avec un dernier kilomètre mémorable le samedi soir dans les rues bondées de Chamonix. Mais aussi mes 8 podiums sur le Trail Verbier Saint-Bernard ou mon titre de Vice-Champion suisse de Trail en 2013 au Pilatus. Côté défi, sans aucun doute la Transvalaisanne en 2015 avec mon ami Yan Balduchelli. Que d’émotions sur cette traversée.

En tant que membre du comité du Trail des Châteaux à Sion prévu le 1er mai 2021, penses-tu que cette course pourra se dérouler à cette date-là ?
Tout le comité l’espère. Il règne toujours une incertitude sur l’évolution de la crise. Il est très difficile actuellement de savoir ce qui va se passer. Le Trail des Châteaux est limité à 500 coureurs. C’est un avantage, car peut-être qu’en avril-mai nous serons dans une phase de déconfinement et que les petites manifestations de moins de 1’000 personnes seront les premières à se voir octroyer des autorisations.
Cependant, si nous devions renoncer à organiser le trail le 1er mai, nous le reporterons en décembre, en espérant que nous serons sortis de cette crise. Je ne me fais pas trop de soucis sur l’avenir du trail des Châteaux. Financièrement, nous pouvons compter sur d’excellents partenaires, sur un comité de passionnés et sur des groupes de fidèles bénévoles provenant de Savièse, Grimisuat et Sion.

Comment vois-tu l’avenir du trail dans notre canton ?
L’avenir est réjouissant, car le trail est une activité proche de la nature, et procure un plaisir de liberté et d’évasion. Notre canton est un terrain de jeu idéal pour la pratique du trail. Le nombre de courses de trail ne cesse d’augmenter. Il y a même des trails blancs. La multitude des courses et des distances proposées par les organisateurs sont accessibles à tous. De plus en plus d’offices du tourisme proposent des parcours balisés et connectés. C’est réjouissant, car au final l’important c’est d’offrir une accessibilité au trail pour que de plus en plus de monde bouge et s’évade dans la nature. Dans notre société actuelle et avec cette satané crise, c’est bon pour la tête. Et ce qui est bon pour la tête, est bon pour le corps. Donc, à vos baskets.

Propos recueillis par Bernard Mayencourt
21/01/2021